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Les bienfaits du chêne


Bien que l’on ait parfois utilisé les feuilles ou les glands, c’est surtout l’écorce intérieure, à laquelle on a donné le nom de « tan », qui a été appréciée pour ses propriétés médicinales.

L’écorce des branches âgées de cinq à dix ans serait la meilleure.

En Europe, c’est l’écorce du Q. robur que l’on a utilisée tandis qu’en Amérique, plusieurs espèces d’écorces ont été employés. Les propriétés de tous les chênes étant sensiblement les mêmes.

Vertus astringentes
À cause de sa richesse en tannin, l’écorce est astringente, ce qui en fait un excellent remède topique pour combattre l’eczéma et diverses autres maladies cutanées.

Généralement bien tolérée par la peau, l’écorce ne provoque pas d’irritation. Elle a été utilisée avec succès pour soigner l’inflammation de l’œil, les hémorroïdes, les engelures et les fistules anales.

Appliquée à hautes doses quand la gangrène menaçait d’envahir un membre, on attribuait à l’écorce le pouvoir d’arrêter la progression de l’infection.

L’écorce de chêne était employée en compresse, dans les bains de mains ou de pieds et, en cas de faiblesse générale, dans les bains complets.

Elle était également administrée en douche vaginale pour le traitement des pertes blanches et des métrites, et en gargarisme pour le traitement des angines, stomatites et pharyngites.

On dit que les ouvriers qui étaient amenés à manipuler fréquemment l’écorce de chêne pour le tannage des peaux souffraient rarement de tuberculose, particularité que l’on attribuait au pouvoir astringent de l’écorce.

On a d’ailleurs employé médicinalement la jusée, liquide qui se trouvait dans les fosses des tanneurs, que l’on filtrait puis faisait évaporer au bain-marie, pour préparer un extrait administré dans le traitement de la phtisie (consomption).

Voie interne
Par voie interne, l’écorce, des feuilles et des glands ont servi pour soigner :

les hémorragies ;
la tuberculose ;
les gastralgies ;
les pertes blanches ;
la diarrhée ;
l’incontinence d’urine ;
la faiblesse générale.
L’écorce se prend en décoction à raison de cinq grammes par litre. Faites bouillir dix minutes et prenez trois tasses par jour entre les repas.

Quant aux feuilles, elles se prennent également en décoction à raison d’une poignée par litre que l’on fait bouillir dix minutes. Prenez trois tasses par jour.

Les glands se prennent soit sous forme d’infusion de la poudre à raison de 30 grammes par litre d’eau (une tasse après les repas), soit sous forme de glands torréfiés et pulvérisés (préparation que l’on appelle « café de gland »), puis préparés en infusion selon les mêmes proportions.

Pommes de chêne
On a par ailleurs employé en médecine les galles (ou pommes de chêne), ces excroissances en forme de noix qui poussent sur les feuilles suite à une piqûre d’insecte (du cynips plus exactement), pour leur richesse en tannin.

Il fallait impérativement récolter les galles avant que l’insecte ne les ait quittées, sinon elles perdaient de leur astringence.

Largement utilisées dans la tannerie, certaines de ces galles, la galle d’Alep ou du Levant, étaient très recherchées, car elles donnaient au cuir une souplesse et un lustre exceptionnels.

Les Amérindiens se sont servis de la mousse verte qui poussait sur les glands immergés dans la boue pour traiter les infections.

Compresse d’écorce de chêne
Pour qu’une compresse soit efficace, il faut que son « bénéficiaire » soit à l’aise. La pièce où il se trouve doit donc être bien chauffée afin de lui éviter de prendre froid.

Préparez une décoction de chêne en faisant bouillir une ou deux cuillerées à soupe d’écorce hachée pendant 15 minutes dans un demi-litre d’eau.

Filtrez, laissez refroidir la décoction jusqu’à ce que la température oscille entre 65 et 80 °C (au besoin, utilisez un thermomètre) et trempez-y la compresse, qui sera de préférence un morceau de toile de lin.

Tordez bien pour essorer et appliquez délicatement sur la partie malade de votre patient improvisé en l’avertissant que ce sera peut-être un peu chaud, mais que c’est pour son bien.

Attention, il est extrêmement important de bien essorer, au risque de brûler la peau de ce pauvre cobaye.

Recouvrez la compresse d’une serviette bien sèche. Pendant ce temps, préparez une autre compresse, car au bout de deux ou trois minutes, la première aura refroidi.

Répétez ces « manœuvres » durant 10 à 30 minutes, le plus longtemps, le mieux.

Si la peau sous la compresse tourne uniformément au rouge, il est temps d’arrêter le traitement, lequel, en passant, est divin contre les hémorroïdes.

Préparation de la compresse
Faites bouillir une ou deux cuillerées à soupe d’écorce hachée pendant 15 minutes dans un demi-litre d’eau.

Pour les bains, faites bouillir une petite poignée d’écorce par litre d’eau en faisant réduire de moitié. Ajoutez la décoction dans la bassine ou la baignoire.

Pour la douche vaginale ou les gargarismes, administrez 15 grammes par litre d’eau. Enfin, vous pouvez infuser quelques feuilles dans un litre de vin rouge additionné de miel et se servir de l’infusion en gargarisme contre l’angine.😇😇😇😇👍👍👍👍

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